Le rond-point de la Victoire

On se souvient de quoi face à ces horreurs ? D’un roi, d’un dictateur, d’un soldat inconnu ?

Autour, de vieilles coques d’obus sont reliées par une chaine faisant un rond de métal ; faisant ainsi le beau rond-point de notre centre-ville. Sur la Place de la Victoire, pourquoi ne pas tourner autour de l’enfance, la paix, de l’amour, de l’amitié ou d’un lutteur fabuleux ?

Pour toute réponse, un ange, hors d’atteinte, sourit au ciel et souffle au vent que, pour avoir la paix, nous devons garder notre bonheur sage et mesuré.

Je regarde l’être absolu si haut. Je ressens aussi, tapis en bas, autour du socle lourd, les quelques gaz d’échappement qui ne s’échappent pas ; et les périodes funestes, la souffrance, les cauchemars, les pleurs qu’il semble nécessaire de se rappeler. La mémoire collective serait faite de ces choses sombres qui s’animent en soubresauts au rythme du souffle donné par la circulation automobile.

Le clairon sonne quelques fois dans l’année. Et les fleurs coupées, par gerbes déposées, restent pour moi plus beau symbole des beautés sacrifiées. Alors je reste sage et mesurée.

On se souvient de quoi face à ces horreurs ? Pourquoi ne tournons nous pas autour de l’enfance, la paix, de l’amour, de l’amitié ou d’un lutteur de pierre ?

Anny Tanho-Me
paru dans le courrier des lecteurs du journal LeQuotidien (974)
le 28 mai 2018

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