J’ai vu, j’imprime : Compagnie Yun Chane

La Cité By Night du vendredi 25 janvier. Cité des Arts, Saint-Denis
Poc (petit objet chorégraphique) de la Compagnie Yun Chane.

La Cité des Arts respirait au rythme des installations audiovisuelles rendant étranges et vivants les murs, le parvis, les grandes salles.

Dans un coin, sur Le Mur, la compagnie de danse contemporaine Yun Chane est entrée en scène pour un Poc, pour une étude des états d’amour. La scène sans estrade, sous le ciel, posait des perspectives grises et droites : un sol de béton taloché butait sur un mur long et pas très haut, de la hauteur de deux hommes ; et ayant un angle-de-mur tenant par des ombres triangulaires.

Ça commence. Trois danseurs, deux danseuses, en courant, arrivent légers, portés par un vent urbain. Ils sont si solides, alors : la grâce de l’arrivée, le doit-on à leurs talents de jeunes danseurs ou à ce vent ? Vu leur physique de guerrier, je me dis chouette, je vais pouvoir voir des enchainements, de la performance, des acrobaties. Je n’y connais rien. Je n’y comprends rien. Pour preuve, nous avons droit à tout autre chose de ce que j’avais pressenti. Commence une approche sensible et une narration sur le genre humain. Les danseurs s’élancent pour des fusions, démêlent le fil d’une belle histoire. Les artistes aux gestes précis viennent perturber notre vision de l’espace, ils viennent repousser les possibles, et les règles de nos déplacements normés. A faire cela, la compagnie renvoie le spectateur à un monde onirique ayant ses propres règles, les règles d’un cœur qui bat pour lui-même ou pour les autres.

Pour exprimer l’irréel de nos mondes intérieurs, le spectacle adopte une planimétrie complexe, puisque la scène se compose du mur et du sol qui deviennent, tour à tour, obstacles puis promontoires. Puisque nous étions « en rêve », sachez que tout et tous étaient intimement liés. Un homme avance, cherche l’issue puis s’envole ou tombe, meurt encore une fois avec, comme toujours, les autres qui compatissent, repoussent ou épousent le mouvement, joignant le geste au geste premier.

J’ai aimé.

Yann Hamonet

texte non édité (ailleurs qu’ici)

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